Les Etats-Unis de A à Z
Edison, Thomas: 1877, invention de la "machine parlante"
Thomas Edison est sans doute l’un des personnages les plus célèbres des Etats-Unis. Parmi ses nombreuses inventions, le gramophone demeure peut-être la plus connue et la plus populaire. Si Charles Cros, poète et savant français, imagina un « procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouïe » , dont il envoya au mois d’avril 1877, les plans à l’Académie des Sciences de Paris, c’est l’Américain Thomas Edison qui, en août de la même année, construisit le premier phonographe pour lequel il obtint un brevet d’invention en février 1878. Charles Cros écrivit alors « Monsieur Edison a pu construire son appareil , il est le premier qui ait reproduit la voix humaine. Il a fait une oeuvre admirable ».
Cette machine était prodigieuse pour l’époque. L’idée de capter le son était venue à Edison en entendant le murmure musical produit par son télégraphe automatique lorsqu’il enregistrait les messages en morse.
Le prototype dessiné par l’inventeur se composait d’un récepteur, d’un enregistreur et d’un reproducteur. Fabriqué en trente heures et pour dix-huit dollars, par l’un des plus habiles ouvriers du laboratoire d’Edison à Menlo Park, l’objet extraordinaire était fixé sur un socle de bois ; il était composé d’une tige métallique soutenant un cylindre enveloppé de papier d’étain que l’on actionnait grâce à une manivelle, entre deux cornets fixes.
Dès son plus jeune âge, Thomas Edison avait manifesté une curiosité scientifique et une ingéniosité créatrice tout à fait exceptionnelles. Né le 11 février 1847 dans l’Ohio, il passa sa jeunesse dans une petite ville du Michigan où il ne resta que trois mois à l’école locale.
Sa vive intelligence et son appétit de savoir le poussaient à accabler de questions un maître impatient qui le classa immédiatement dans la catégorie des mauvaises têtes. Sa mère décida alors de se charger de son éducation à domicile. Il se mit à dévorer des livres qui lui ouvrirent la voie des sciences et particulièrement de la chimie.
Très tôt, il installa un véritable laboratoire dans le sous-sol de la maison familiale et décida de devenir vendeur de journaux, pour pouvoir pouvoir financer l’achat des produits et des appareils qu’exigeait son habileté de chimiste amateur. Au bout d’un certain temps, il eut l’idée d’éditer lui-même un journal hebdomadaire et installa une vieille presse dans un fourgon à bagages désaffecté.
A l’âge de quinze ans, il devint le plus jeune vendeur ambulant, éditeur de journal et chimiste qui ait jamais exercé ces diverses disciplines à bord d’un train en marche. Plus tard il fut engagé par la Western Union à Boston comme télégraphiste où il se distingue par sa célérité.
Parti ensuite à New York pour chercher fortune, Thomas Edison poursuivit de plus belle ses travaux et créa un télégraphe imprimeur. Il perfectionna également le téléscripteur d’une société financière qui lui passa de nombreuses commandes de cet appareil. Sa célébrité d’inventeur grandissait de jour en jour.
Sa grande période de réussite se situe entre 1870 et 1890. Ayant acheté un terrain dans le New Jersey, appelé Menlo Park. Il y fit construire un laboratoire de chimie et deux ateliers. C’est là qu’il eut un jour l’idée géniale du phonographe et qu’il mit au point l’une de ses réalisations les plus marquantes : la lampe à incandescence.
Plus tard, ayant quitté Menlo Park pour West Orange, il réussit à fabriquer une première caméra capable de filmer 16 images (c’est seulement lorsque apparut sur le marché la pellicule de celluloïd de la firme Eastman qu’Edison put fabriquer sa caméra et obtenir un brevet, le 31 août 1897). Pour montrer ses images, il élabora un appareil appelé « kinétoscope ».
Une série ininterrompue de découvertes vit ensuite le jour dans les laboratoires de West Orange. Pendant la Première Guerre mondiale, il créa pour le ministère de la Marine, un appareil d’écoute qui détectait la présence sous l’eau de sous-marins et de torpilles.
Travailleur infatigable, Thomas Edison fut, tout au long des soixante deux ans de sa carrière de chercheur l’un des pionniers les plus enthousiastes et les plus féconds de la technologie moderne. Sa célèbre maxime étant « Le génie, c’est dix pour cent d’inspiration et quatre- vingt-dix pour cent de transpiration ».
