Indépendance, Déclaration
- Traduction:
- Anglais
Un vent de liberté flottait à Philadelphie en ce début de juillet 1776 et la décision de rompre tous les liens politiques avec l’empire britannique fut prise, en quatre jours, par les 50 membres du deuxième Congrès.
Dès le 11 juin, une commission (dans laquelle se trouvaient Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams, ainsi qu’un négociant du Connecticut et un juriste new yorkais) avait été chargée par le Congrès de rédiger le texte de la Déclaration d’Indépendance.
S’étant attelé sans attendre à la rédaction initiale de ce texte, Thomas Jefferson fut en mesure de soumettre une version finale dès le 28 juin afin qu’elle puisse faire l’objet d’un débat général le lundi suivant, 1er juillet. C’est ainsi qu’après avoir expédié les affaires courantes, dans la matinée du 1er juillet, la séance du Congrès écouta les différents orateurs. Alors que le délégué de Pennsylvanie, John Dickinson, exprimait ses arguments en faveur du maintien des liens avec l’Empire britannique, John Adams prit la parole pour exposer avec son talent d’orateur confirmé, les arguments favorables à la scission.
S’ensuivit alors un vote officieux qui donna le résultat suivant : neuf voix pour l’Indépendance ; deux voix contre ; une abstention et une délégation divisée, celle du Delaware. Il fallait désormais travailler à former un front uni et unanime, c’est ce à quoi s’employèrent Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams en essayant de convaincre les délégations opposées à l’Indépendance.
Leurs efforts furent couronnés de succès, et le 2 juillet, le délégué de Caroline du Sud annonça que sa colonie avait décidé de rejoindre la majorité. Convaincu que rien ne pouvait désormais arrêter le mouvement vers l’Indépendance, John Dickinson décida de ne pas participer au vote laissant les cinq autres délégués de Pennsylvanie représenter son Etat. Seul le Delaware posait encore problème, ce qui fut résolu grâce à la chevauchée spectaculaire du chef de la milice de l’Etat, Caesar Rodney, qui avait dû retourner dans son Etat mais revint à temps pour voter en faveur de l’Indépendance.
Le soutien qu’a apporté le gouvernement français, illustré par des figures aussi emblématiques que le Maréchal de Rochambeau, le Marquis de La Fayette, et l’Amiral de Gasse, a joué un rôle déterminant dans la victoire finale américaine. Les français ont largement contribué au soutien financier, au leadership et aux forces terrestres et navales. Le combat qui débuta à Lexington, au Massachusetts, perdura pendant huit ans sur l’ensemble du continent, de Montréal, au Canada, au nord de Savannah dans le sud de la Géorgie. Une part importante des troupes britanniques capitula à Yorktown, en Virginie, en 1781. La guerre aboutie finalement à la signature du traité de paix à Paris, le 15 avril 1783.
On commémore la contribution Française de plusieurs manières. Par exemple, le portrait de Lafayette est accroche dans la US House of Representatives et une statue du Marshal Rochambeau, offerte au Président Theodore Roosevelt, est dans le parc du Président de la Maison Blanche. Sur la statue de Rochambeau est inscrite la phrase prononcée par George W. Bush et qui résume parfaitement la relation proche de nos deux pays : “Nous avons été témoins et avons participé au combat pour la liberté , nous avons vécu ensemble comme des frères vivraient en amitié harmonieuse”. A l’ambassade Américaine à Paris, Américains et Français se souviennent chaque jour de cette amitié grâce aux grands portraits de Lafayette et Rochambeau qui sont accrochés aux murs de la Chancellerie.
La motion historique présentée par Richard Henry Lee fut alors votée à l’unanimité et le débat sur le texte de la Déclaration d’Indépendance soumis par Thomas Jefferson put alors commencer.
C’est le 4 juillet, après avoir subi quelques légères modifications, que la Déclaration d’Indépendance fut officiellement adoptée. Ce texte ne marque pas seulement la naissance d’une nouvelle nation, mais expose une philosophie des libertés individuelles qui allait se répandre à travers le monde entier. Depuis lors, le 4 juillet est devenu le jour de la fête nationale des Etats-Unis, jour qui permet au peuple américain d’exprimer son patriotisme et de célébrer la liberté.
La Déclaration d’Indépendance est exposée aux Archives nationales à Washington, D.C. ainsi que la Constitution.
En savoir plus:
Déclaration d'Indépendance en anglais, Archives Nationales américaines.
La célébration de la fête de l'Indépendance aux États-Unis
Pique-nique du 4 juillet en Caroline du Sud.
Les États-Unis célèbrent leur fête de l'Indépendance le 4 juillet, journée qui est marquée par des célébrations patriotiques et familiales dans tout le pays. L'un des « pères fondateurs » des États-Unis, le président John Adams, a déclaré que cette fête devait être commémorée comme la « journée de la libération ». On doit la célébrer, a-t-il dit, « avec pompe, avec des défilés, des jeux, du sport, des fusils, des cloches, des feux de joie et des illuminations d'une extrémité de ce continent à l'autre, de maintenant à jamais. »
La fête du 4 Juillet est une grande occasion de civisme, qui s'inscrit dans la tradition anglo-américaine de la liberté politique.
Une fête estivale
Tous les ans, une multitude de visiteurs se rendent au Mall national, vaste étendue recouverte d'une pelouse qui va du Capitole au monument érigé en l'honneur de George Washington et où se tient le Festival des traditions populaires organisé par le Smithsonian. Cette année, ce festival célèbre le Mexique, les cultures du pourtour de l'océan Pacifique et de l'Océanie, et les travaux des conservateurs et chercheurs des musées de l'Institut Smithsonian. En 2009, il avait porté sur la musique latino-américaine et sur la culture du pays de Galles.
Dans tous les États-Unis, des feux d'artifice éclatent dans le ciel le soir du 4 Juillet, que ce soit le feu d'artifice spectaculaire du Mall national ou les feux plus modestes organisés dans le parc de chaque ville. À New York, le grand magasin Macy's organise depuis trente et un ans ce qu'il appelle le plus grand feu d'artifice du pays. En 2010, quelque 40.000 pièces d'artifice installées à bord de 6 péniches sur le fleuve Hudson illumineront pendant trente minutes le ciel new-yorkais. Selon Macy's, plus de 3 millions de personnes devraient assister à ce feu d'artifice et des millions d'autres pourront le voir à la télévision.
Le 4 juillet est aussi une célébration familiale. De nombreux Américains participent à des pique-niques et à des barbecues. Le mois de juillet est un mois d'été aux États-Unis, et des millions d'Américains cherchent à échapper à la chaleur en se rendant au bord de l'océan ou dans d'autres lieux de vacances.
D'importants travaux publics commencent parfois le 4 juillet. C'est ainsi que les travaux de construction du canal Erie, du monument en l'honneur de George Washington et du premier chemin de fer du pays, qui reliait Baltimore à l'État de l'Ohio, ont tous débuté ce jour-là. Cette date traduit le désir de montrer qu'il s'agit des travaux d'aménagement pour le bien public.
Une fête patriotique
La fête du 4 Juillet est également l'occasion pour les élus et d'autres personnalités politiques de prononcer un discours exaltant les traditions et les valeurs américaines.
En 1788, l'un des « pères fondateurs » du pays, James Wilson, a exhorté ses concitoyens à ratifier le projet de constitution lors de la célébration du 4 Juillet à Philadelphie. « Un peuple libre et éclairé, a-t-il dit, qui établit et ratifie un régime politique (...) Tout un peuple qui exerce son pouvoir le plus grand, qui effectue un acte de souveraineté, original et illimité. »
Le 4 juillet 1852, le journaliste noir Frederick Douglass s'est élevé contre le fléau de l'esclavage, qui était encore répandu dans le sud du pays, tout en faisant état des forces tirant « un encouragement de la Déclaration d'indépendance, de ses grands principes et du génie des institutions américaines » qui devaient « mener inévitablement à l'abolition de l'esclavage ».
Quatre-vingt-dix ans plus tard, pendant la période la plus sombre de la Seconde Guerre mondiale, le président Roosevelt a rappelé à ses concitoyens que pour « l'armée de la révolution américaine qui était lasse, affamée et mal équipée (...) le 4 Juillet lui avait redonné de l'espoir et l'avait inspirée ». « Il en est de même maintenant, a-t-il ajouté. Les hommes robustes et déterminés qui luttent pour la liberté en cette sombre période trouve un réconfort dans son message, l'assurance du droit à la liberté grâce à Dieu pour tous les peuples, toutes les races, tous les groupes et toutes les nations, partout dans le monde. »
Dans son message du Quatre Juillet 2009 au peuple américain, le président Obama a célébré « l'esprit indomptable des premiers citoyens américains » et a invité ses concitoyens à se souvenir « combien il était improbable que notre expérience américaine réussisse, qu'un petit groupe de patriotes se déclarent indépendants d'un empire puissant et qu'ils forment dans le nouveau monde ce que le vieux monde n'avait jamais connu : un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
Dans tout le pays, le 4 juillet, les élus des localités même les plus petites se font l'écho de ces paroles, et leur auditoire rend grâce aux libertés publiques que les « pères fondateurs » ont obtenues pour tous les Américains.
Photos et Videos
- Galerie de photos: La célébration de la fête nationale du 4 juillet
- Video: I am America, IIP, 2010