Skip Navigation
Skip Left Section Navigation

Les Etats-Unis de A à Z

La Fayette

2007 marque le 250ème anniversaire de la naissance de Marie-Joseph-Gilbert du Motier, Marquis de La Fayette. Né le 6 septembre 1757, il perd son père à l’âge de deux ans (tué lors d’un combat contre les Anglais). Sa mère disparaît en 1770. Attiré par le récit des actions des « Insurgents » contre les Anglais aux Etats-Unis, le jeune La Fayette accueille avec enthousiasme l’idée de s’expatrier, répondant ainsi favorablement à l’effort de recrutement des représentants américains en France, Deane et Franklin. Malgré l’interdiction de Maurepas, il embarque du port espagnol de Pasajes, le 26 avril 1777, à bord de « La Victoire », un bateau qu’il a lui-même acquis.

La Fayette foule le sol américain le 13 juin, en débarquant en Caroline du Sud, et se rend ensuite à Philadelphie où il reçoit un accueil plutôt tiède. Il faudra toute son habileté, son enthousiasme pour George Washington et la recommandation de Benjamin Franklin pour retourner la situation en sa faveur.

Le commandant en chef des forces américaines l’appelle auprès de lui et, le 11 septembre, le jeune La Fayette voit le feu pour la première fois à Brandywine, où il est blessé. Désormais convaincu de sa valeur, Washington lui confie le commandement effectif d’une division.

La situation de l’armée américaine est loin d’être brillante, l’espoir est grand de voir arriver une flotte française mais une succession de malchances fait échouer l’attaque combinée de la flotte de l’amiral d’Estaing et des armées américaines contre Newport, à la grande déception de La Fayette. De retour en France en février 1779 pour un congé, il est reçu par Vergennes et Maurepas à Versailles et, plus tard, par Louis XVI (après avoir fait soumission au roi, car il avait quitté la France sans son aval). L’année suivante, La Fayette - promu capitaine des Dragons - repart en Amérique expéditionnaire
français qui sera placé sous les ordres de Rochambeau.

Débarqué à Boston, le 28 avril 1780, et après avoir participé activement au siège de Yorktown, il prend, au mois d’août, le commandement d’un corps d’infanterie légère américaine.

Malgré ses efforts il ne peut empêcher Cornwallis de rejoindre Arnold, qui ravage la Virginie, et il doit effectuer une retraite prudente à Richmond. En 1781, face à la désorganisation de l’armée américaine, La Fayette se voit dans l’obligation d’emprunter de l’argent en son nom propre afin de vêtir ses soldats.

Ce n’est qu’à l’automne après un assaut décisif - au cours duquel il se couvre de gloire - que la situation des Anglais assiégés à Yorktown devient désespérée. Le 17 octobre, Cornwallis demande une suspension d’hostilité à Washington ; ce dernier - d’accord avec La Fayette - ne concède, le 19, qu’une capitulation rigoureuse.

Dans un message adressé à Maurepas, La Fayette écrit : “La pièce est jouée, et le cinquième acte vient de finir…” De retour à Paris, en janvier 1782, La Fayette est comblé d’honneurs (à 24 ans, il vient d’être nommé maréchal de camp). Les mois qui suivent, en concertation avec Benjamin Franklin, il essaie d’empêcher l’Angleterre de signer une paix séparée avec les Etats- Unis.

Le projet d’expédition franco-espagnole dont La Fayette devait faire partie est arrêté par les préliminaires de paix signés à Londres, le 28 novembre. Au cours de l’année 1783, La Fayette agit plus en diplomate qu’en militaire entretenant des relations suivies avec Benjamin Franklin.

Le 28 juin 1784, La Fayette s’embarque une nouvelle fois pour les Etats-Unis, où il est salué partout en « héros ». Il y retourne en 1824 pour un voyage triomphal au cours duquel il est reçu en « hôte de la nation ». La légende du « Citoyen des Deux Mondes » est née. La participation de La Fayette dans la guerre d’Indépendance ne peut être qu’admirée. Son rôle fût primordial dans la naissance et les débuts de l’amitié franco-américaine.