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Les Etats-Unis de A à Z

Martin Luther King (1929-1968)

« Je vous dis aujourd’hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j’ai quand même un rêve. C’est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain. Je rêve qu’un jour, cette nation s’éveillera pour vivre véritablement son credo : nous tenons ces vérités comme allant de soi, que tous les hommes naissent égaux », Martin Luther King, extrait du discours du 28 août 1963 au Lincoln Memorial, Washington, D.C.

Depuis le 2 novembre 1983, chaque année en janvier, aux Etats-Unis, un jour férié marque la date anniversaire de la naissance de Martin Luther King, symbole du mouvement pour les droits civiques.

En 1954, la Cour Suprême des Etats-Unis avait pris une décision capitale, en décrétant que les pratiques de ségrégation scolaire pratiquées dans le Sud étaient contraires à la Constitution. Subsistaient néanmoins de forts préjugés qui conduisirent à trouver les moyens de les combattre ; ce fut la résistance non violente à la ségrégation. C’est en novembre 1955, à Montgomery (capitale de l’Alabama)--après l’arrestation de Rosa Parks qui avait refusé de céder sa place à un Blanc à bord d’un bus-- que Martin Luther King prit la tête d’une révolution s’appuyant non sur la force physique mais sur la force morale.

Il décida alors, avec ses partisans, de refuser d’emprunter les transports publics de la ville à cause du système de ségrégation pratiqué dans les bus (l’avant étant réservé aux Blancs, l’arrière aux Noirs). Le boycott, qui dura un an, prit fin lorsque Martin Luther King et ses collaborateurs obtinrent le jugement d’un tribunal fédéral selon lequel la ségrégation dans les autobus violait l’article de la Constitution américaine stipulant que tous les citoyens avait droit à une égale protection de la loi.

Les années qui suivirent confirmèrent le triomphe de Martin Luther King. Plus tard vinrent les incidents de Birmingham, ville en plein essor économique mais parmi les plus rétrogrades en matière de justice raciale. Dès le début 1963, Martin Luther King organisa des réunions dans les églises noires et demanda des volontaires prêts pour une résistance pacifique, prêts à aller en prison si nécessaire.

En leur compagnie, Martin Luther King organisa les premières manifestations connues sous le nom de « sit-in » ; il organisa une marche vers le centre de Birmingham au cours de laquelle il fut arrêté. Les défilés dans les rues prirent de l’ampleur ; plus de 2000 protestataires remplirent bientôt les prisons de Birmingham. Robert Kennedy, alors Ministre de la Justice, envoya des émissaires ; leur intervention conduisit à un plan qui supprimait la ségrégation dans l’emploi ; demandait la libération de tous les manifestants détenus ; mettait un terme à la ségrégation dans les restaurants et autres établissements.

Une série de «sit-in» et de manifestations s’ensuivit ; la plus symbolique fut la «marche de Washington» : le 28 août 1963, plus de 200 000 Américains, Noirs et Blancs (venus de presque tous les états des Etats-Unis) se réunirent autour du Lincoln Memorial à Washington. Cette «marche sur Washington» démontra la détermination des Noirs américains d’abattre les dernières barrières de la ségrégation ; elle attira l’attention des Etats-Unis et du monde entier sur les failles des lois américaines relatives au droit des Noirs et sur la nécessité d’une nouvelle législation. Ceci fut fait, en 1964, avec l’adoption par le Congrès de la loi sur les Droits civiques (Martin Luther King voyait ainsi ses efforts couronnés de succès ce qui lui valut de se voir attribuer le Prix Nobel de la Paix cette même année).

D’autres lois confirmant les droits des Noirs vinrent s’y ajouter les années suivantes (en 1965, le gouvernement fédéral prépara le texte d’une nouvelle loi visant à interdire toute discrimination envers les citoyens qui voulaient exercer leur droit de vote). Beaucoup restait encore à accomplir. Martin Luther King décida de s’attaquer aux problèmes socioéconomiques en préparant une « campagne des pauvres », action non violente devant se dérouler en avril 1968 dans la capitale fédérale. Fin mars, pour la première fois, une manifestation dérapa à Memphis ; un groupe de jeunes n’appartenant pas à son organisation se livra à des actes de violence dans le centre de la ville.

Ceci n’entama en rien l’attachement de Martin Luther King à la non-violence : «le recours à la violence est une voie jalonnée de morts et de destructions et c’est aux émeutiers qu’il fait le plus de tort. La résistance pacifique est une force constructive». Le 4 avril 1968, il est assassiné à Memphis.

«Le rêve de Martin Luther King n’est pas mort avec lui», dira Lyndon Johnson. «Blancs et Noirs doivent maintenant s’unir, et s’uniront plus étroitement que jamais».

En savoir plus:

America.gov: Martin Luther King