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Discours à la Bibliothèque d'Angers
 
23 mars 2012

Monsieur le Sénateur ; Monsieur le Maire ; Monsieur le Président d'Angers Loire Métropole ; Monsieur le Président et Madame la Directrice de la Bibliothèque Anglophone d’Angers ; Chers amis :

I am really happy to be here today!  I understand this is the first time that a U.S. Ambassador comes to the English-Language Library in Angers — the first Ambassadorial visit to the City of Angers in 25 years. 

We have a lot of catching up to do! 

I thought I would start by telling you why it is important for me to be in this city, why we at the Embassy have a lot to learn from Angers, especially when it comes to green initiatives, and how we can work together in the future.  And I’ll do it in French.  This will give me the opportunity to discuss U.S. energy and environmental policy, and highlight our Mission’s efforts here in France to put green technologies at the center of our priorities.  But first, I would like to say a few words about this library, the people who run it, those who use it, what it represents, and what it stands for. 

In today’s world, libraries have become an endangered species.  You can download almost any book, from anywhere, at anytime.  There’s nothing wrong with this; on the contrary, but this is not what the members of this library are seeking.  Here, it’s a community — a learning community.  University students come to the Library to do their research.  People come here to learn English so that they can increase their job opportunities.  The Library goes on the road all over Anjou to help children discover the universe of reading, and this is especially important at a time — a dangerous time, some might say — when literary reading among youth is on the decline,  when the place of books in society is shrinking to the profit of more instant forms of communication. 

The U.S. Embassy is proud to partner with the English-Language Library in Angers on a number of outreach programs.  Our Minister Counselor for Public Affairs came to Angers just last month to speak at and to help judge a high school debate tournament, in English, organized with the Library.  None of this would be possible without the leadership and dedication of the people who work here.  I want to congratulate all of you, in particular your President, John Cassini, and your outstanding Director, Phoebe Marshall-Raimbeau, who’s done so much for this institution for almost the past 20 years.

Maintenant, comme promis, je voudrais vous dire pourquoi il est si important pour moi d’être à Angers et dans la région d’Anjou aujourd’hui ; pourquoi nous, à l’Ambassade, avons tant à apprendre de ce qui se fait ici, notamment en matière d'environnement et de développement durable.

Angers, c’est une ville jeune — très jeune. Près de la moitié de la population angevine a moins de 30 ans. Et beaucoup de ces jeunes sont des étudiants, ce qui fait d’Angers une ville universitaire de premier plan, tournée vers l’avenir et l’innovation.

L’année dernière, lors de l’inauguration du nouveau tramway, Jean-Claude Antonini a déclaré : “Angers bouge, Angers s’ouvre”.  

Oui, Angers bouge. C’est l’une des villes françaises qui se développent le plus en ligne.  Pour preuve, le trophée Google remporté l’an dernier qui vient récompenser le dynamisme d’Angers sur Internet. Ce qui est très important lorsqu’on sait qu’Internet est devenu l’un des secteurs les plus importants de l’économie dans nos deux pays. En France comme aux États-Unis, la Toile est un puissant moteur de la croissance. Saviez-vous que les entreprises qui ont fortement investi dans  les technologies du Web connaissent non seulement une croissance plus rapide que les autres, mais ont aussi tendance à exporter davantage ?

Angers s’ouvre aussi. À Austin au Texas, le célèbre festival “South by Southwest” vient tout juste de s’achever. Si je mentionne ce rendez-vous mondial de la musique, du cinéma et des nouvelles technologies, c’est parce qu’une délégation angevine s’y est rendue pour nouer des contacts outre-Atlantique. Voilà déjà deux ans que les deux villes coopèrent. L'économie culturelle et créative fait partie des principaux leviers identifiés pour animer les échanges entre Angers et la capitale texane. Ce qui ne me laisse pas indifférent, compte tenu de mon expérience dans le domaine.

Angers bouge. Angers s’ouvre. Angers est un exemple à suivre en matière d'environnement et de développement durable. C’est l'une des plus vastes opérations de renouvellement urbain de France. Comme je l’évoquais il y a un instant, Angers a un tramway ultramoderne, primé à Londres l’année dernière avec le prix du “Projet de l'Année”. Le tramway est l’un des modes de transport les plus respectueux de l’environnement, un mode de déplacement qui consomme le moins d’énergie par kilomètre et par personne —15 fois moins qu’une voiture en ville. Angers, c’est aussi un processus de retraitement des déchets inédit en Europe; c’est des quartiers durables comme Gare + ou l’Éco-quartier Desjardins. Je pourrais également citer TERRA BOTANICA, un concept unique en Europe qui permet à ce parc d’attractions déployé sur 11 hectares de nous faire partir à la découverte de la relation privilégiée entre l’homme et le végétal. Le végétal justement, fleuron de l’économie de tout l’Anjou, et qui est l’une des filières d’excellence d’Angers, au même titre que la santé et les biotechnologies ou l'électronique et les technologies de l'information et de la communication.

Tout comme sa région, Angers a donc beaucoup d’atouts. C’est une ville au riche patrimoine qui allie à la fois tradition et modernité, développement et protection de l'environnement. Ce qui m’amène à la deuxième partie de mon intervention : la politique des États-Unis en matière d’énergie propre et les initiatives mises en œuvre par notre Ambassade pour rendre nos activités ici-même en France toujours plus responsables sur le plan écologique.

Le 21ème siècle est le siècle de l’énergie. Pour relever ce défi, il est essentiel d’avoir une économie “bâtie pour durer”. Cela commence par l’indépendance énergétique, notamment à l’égard des importations de pétrole. Aux États-Unis, on appelle cela la sécurité énergétique. Si je devais résumer ce concept en une phrase, je dirais qu’il s’agit d’accroître la production énergétique nationale, en privilégiant l'utilisation des biocarburants et du gaz naturel et en optimisant les économies en carburant des nouveaux véhicules. À ce sujet, les États-Unis ont adopté des nouvelles normes historiques de consommation des véhicules.

Ces normes font partie d’un plan présidentiel, mis en place il y a tout juste un an, qui s’articule autour d’une série de mesures. Comme je viens de l’évoquer, plusieurs d’entre elles visent à développer des alternatives au pétrole importé. C’est tout ce qui concerne les biocarburants, le gaz naturel et l'énergie nucléaire. Dans ce contexte, quatre nouvelles usines avancées de biocarburants ont vu le jour aux États-Unis, un an en avance sur le calendrier annoncé par le président Obama. Ce Plan comporte également des mesures d'incitation dans le domaine du bâtiment, soit pour construire de nouveaux immeubles plus efficaces sur le plan énergétique, soit pour rénover les plus anciens. Car c’est dans ce secteur que les gains en énergie sont les plus importants et les plus urgents. Rendez-vous compte : plus de 70% pour cent de l’énergie consommée par les États-Unis l’est au sein de ses bâtiments.

Investir dans les technologies propres est donc une priorité, à Washington comme à Angers. C’est l’occasion pour nous de pouvoir protéger notre environnement, de garantir l’avenir de nos enfants et des enfants de nos enfants. C’est aussi l’occasion de poser les fondations d’une économie verte, créatrice d’emplois. Mais c’est difficile, surtout dans la période économique que nous traversons. Peut-on pour autant remettre ces investissements à demain ?

Revenons trois ans en arrière. Février 2009. Nous sommes alors à peine un mois après l’investiture de Barack Obama, en plein milieu de la pire crise économique qu’aient connue l’Amérique et le monde depuis les années Trente. Pourtant, c’est le moment choisi par le gouvernement américain pour allouer plus de quatre-vingt-dix milliards de dollars de son plan de relance aux énergies propres.

Quatre-vingt-dix milliards de dollars !

C’est tout simplement le plus important programme d’investissement dans l’énergie propre de l'histoire des États-Unis. Et les objectifs sont à la hauteur des investissements. Tout d’abord, réduire d'un tiers les importations de brut en une décennie. Grâce aux mesures dont je viens de vous parler, ces importations ont déjà été réduites de 10%. Ce qui représente un million de barils de brut par jour, pour l'année dernière uniquement. L’autre objectif majeur consiste à doubler la capacité de production d’électricité propre pour que 80% de l’électricité produite aux États-Unis d’ici 2035 provienne de sources d’énergie propres. Là encore, les résultats sont positifs puisque les États-Unis ont quasiment doublé leur production d’énergie solaire, éolienne et géothermique depuis 2008.

Pour parvenir à ces objectifs, il est impératif que le gouvernement montre la voie. Pour la première fois, un décret présidentiel exige ainsi des agences fédérales américaines qu’elles respectent un certain nombre d’objectifs chiffrés en matière de réduction des gaz à effet de serre. À l’Ambassade des États-Unis en France, nous avons répondu présent à l’appel du président Obama. Et toutes les initiatives comptent, de l’équipement de la totalité des luminaires avec des ampoules à économies d’énergie à la création d’un potager biologique à ma résidence semblable à celui de la Maison-Blanche. Et je peux vous garantir que ce n’est pas pour faire joli : les fruits et les légumes qui y sont cultivés sans engrais sont très régulièrement utilisés par les cuisines pour nos réceptions.

J’ai commencé en vous disant que le 21ème siècle était le siècle de l’énergie — que pour relever ce défi, il était essentiel d’avoir une économie “bâtie pour durer”. Mais il est tout aussi essentiel d’avoir des partenaires solides et audacieux sur qui pouvoir compter. Je crois profondément dans le dialogue transatlantique en matière de protection de l’environnement, comme pour tous les autres défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés. Encourager ce dialogue est une de mes priorités, l’un des principaux objectifs que je me suis fixés en arrivant en France. À l’image de ce qui se fait ici à Angers et en Anjou, il y a tant de façons d’être plus respectueux de l’environnement, sans pour autant négliger le développement économique. Bien au contraire ! Lorsque notre Ambassade s’associe à son Consulat à Lyon par exemple pour mettre en place un prix d’architecture en matière de design vert, c’est pour essayer d’apporter des solutions à de réels problèmes que rencontrent les communes dans le Grand Lyon.

Nous recherchons constamment les innovations qui peuvent rendre nos activités en France plus responsables sur le plan écologique. C’est dans ce cadre que nous venons de moderniser notre parc automobile avec l’arrivée de plusieurs véhicules électriques, dont des Chevy Volt qui vient tout juste d’être élue “Voiture de l’Année 2012”. Les États-Unis se sont fixé pour objectif d’être le premier pays à voir un million de véhicules électriques circuler sur ses routes à l’horizon 2015. Nous sommes la première Mission diplomatique américaine dans le monde à intégrer de façon significative des véhicules verts au sein de sa flotte de véhicules officiels.

L’Amérique change. Angers change. Le monde change. Unissons-nous et saisissons cette chance de construire ensemble, de Washington en Anjou, un avenir et une économie plus écologique. Car faire ce qui est juste pour notre planète, c’est aussi prendre les bonnes décisions pour notre économie.

Je vous ai dit au début que nous avions beaucoup de temps à rattraper. J’espère que le prochain Ambassadeur ne mettra pas 25 ans à revenir à Angers. Cela restera en tout cas pour moi une visite mémorable.

Thank you all for listening — Merci de votre attention et de tout ce que vous faites au quotidien pour maintenir et renforcer les bonnes relations entre nos deux pays.