Discours de Monsieur l’Ambassadeur Rivkin – Diner d'Iftar
26 juillet 2012
Résidence de l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique
Madame la sénatrice,
Mesdames et messieurs les élus,
Messieurs les représentants du culte musulman,
Mesdames et Messieurs,
As-salaam alaykum. Ramadan Kareem.
Bonsoir et bienvenue à tous.
Je suis très heureux de vous accueillir pour ce quatrième diner d’« Iftar », qui me donne encore une fois l’occasion de saluer les musulmans de France mais aussi tous ceux qui, partout dans le monde, s’apprêtent à rompre comme nous une longue journée de jeûne. Que tous nos vœux et prières aillent vers eux !
Nos deux pays se ressemblent par beaucoup d’aspects. L’un d’eux est leur grande diversité et la présence importante de communautés musulmanes.
Comme l’a remarqué le président Obama, « l’Islam a toujours fait partie de l’histoire de l’Amérique… Depuis notre fondation, les musulmans américains ont enrichi les Etats-Unis. Ils ont combattu à nos côtés, ils ont servi dans le gouvernement, ils ont défendu les droits civiques, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, excellé dans nos stades, obtenu le prix Nobel, construit nos gratte-ciel, et allumé la Torche olympique.»
François Hollande, à peine élu Président de la République, a demandé aux Français lors de son premier discours en Corrèze, de juger son mandat sur deux choses : la justice et la jeunesse.
N’est-ce pas ce que nous désirons tous pour nos deux pays ? Faire en sorte que tous nos jeunes vivent dans la justice, la dignité et la prospérité ? N’est-ce pas ce que désiraient ardemment les jeunes du printemps arabe ? Je ne saurais mieux résumer ce qui est au cœur de l’action de notre ambassade. Ce sont aussi les deux axes sur lesquels nous travaillons main dans la main avec nos amis français.
Les défis sont nombreux. Aujourd’hui, nous continuons à travailler ensemble pour soutenir les vœux du peuple syrien.
Comme nous avons déjà vu ailleurs dans le Moyen Orient, nous faisons face à un régime syrien qui préfère massacrer son peuple que d’accepter une transition politique. Malgré la brutalité du régime, les citoyens syriens continuent à descendre tous les jours dans les rues, de Damas à Homs, en se disant que peut-être ce jour-là sera le bon. Les Etats-Unis, ainsi que ses partenaires, doivent donc accompagner cette génération d’invidus plus avisés afin qu’ils puissent réaliser leurs avenirs. Certes, nous vivons une période d’incertitude mais n’en faisons pas une période d’inactivité.
Ensemble, nous devons saisir cette opportunité de faire avancer nos objectifs mutuels de sécurité, de paix, et de démocratie dans le Moyen Orient. Nous devons soutenir les transitions démocratiques en cours à travers la région - de la Tunisie jusqu’en Egypte. Nous devons approfondir nos liens économiques régionaux afin de créer des opportunités pour la jeunesse qui a déclenché ce mouvement historique. Les Etats-Unis restent engagés sur une paix régionale compréhensive parmi les palestiniens, Israël, et leurs voisins. Avec nos partenaires, nous continuons à appeler les partis concernés à redémarrer les négociations, car nous savons tous que le statu quo n’est pas soutenable.
Comme je l’ai dit au Premier Ministre, Monsieur Jean-Marc Ayrault, qui nous a fait l’honneur de sa visite dans cette maison lors de notre fête nationale du 4 juillet : "Tant que nous serons ensemble, que nous croirons dans les mêmes valeurs, que nous serons guidés par les mêmes principes, nous pourrons relever n'importe quel défi." Le premier ministre a répondu que : « C’est grâce à cette relation unique que nous pouvons ensemble apporter des réponses aux défis auxquels le monde est aujourd’hui confronté. »
C’est ainsi que nous avons mis en place avec nos partenaires français, dont certains sont parmi nous ce soir, des programmes forts. J’en mentionnerai brièvement trois.
Comme vous le savez peut-être, nous comptons parmi les participants de notre programme des « Visiteurs internationaux », des personnes-clefs de l’actuel gouvernement comme du précédent. Nous en sommes fiers. Mais ce programme compte aussi d’autres femmes et hommes exceptionnels, et à travers eux, il reflète toutes les composantes de la société française, sa diversité sociale, culturelle, scientifique et intellectuelle. De cela, nous sommes encore plus fiers !
Je voulais aussi parler du prix Washburne de l’Innovation pour l’égalité des chances. Car on ne peut parler de la jeunesse et de la justice sans parler de l’emploi.
J’ai voulu créer ce prix pour encourager les entreprises à accompagner les jeunes de milieux défavorisés sur le chemin de l’ambition et de l’emploi, par le biais de moyens créatifs, réels et durables.
Enfin, un autre programme nous tient à cœur: il s’agit de la Maison pour Tous, située à Argenteuil, que la Fédération des centres sociaux nous a aidé à choisir. Nous soutenons l’action de ce centre social très populaire au sein de la collectivité locale.
Son équipe dynamique a notre appui pour aider les jeunes à élargir leur regard et leur accès au monde, aux dernières technologies et à l’apprentissage de la langue anglaise, si utile pour l’emploi dans le monde d’aujourd’hui. La Maison pour Tous figure aussi sur le parcours de nos jeunes ambassadeurs qui souhaitent à leur retour, s’engager concrètement sur le terrain.
Pour conclure, je vous invite ce soir à célébrer l’amitié et la diversité ! Au-delà de toute différence, gardons en mémoire que la rupture du jeûne est un moment important de partage, d’harmonie, de réflexion et de spiritualité dans le mois sacré du Ramadan.
Bonne rupture du jeûne ; Ramadan Kareem.